Fête d’anniversaire à la maison : bien prévoir les boissons

Fête d'anniversaire à la maison : bien prévoir les boissons

Un samedi soir, trente invités, un anniversaire à la maison : la liste de courses se fait souvent la veille, au supermarché, en remplissant le chariot « au cas où ». Résultat classique, des packs de bière entassés dans le cellier jusqu’à l’été suivant, et pas assez d’eau fraîche à 23 heures. Les boissons d’une fête se préparent mieux avec une poignée de questions posées dans le bon ordre.

Qui vient vraiment, et qui ne boira pas d’alcool ?

Le nombre d’invités ne suffit pas. Sur trente personnes, il y a presque toujours des enfants, des conducteurs, des femmes enceintes, des personnes sous traitement, d’autres qui ne boivent pas par goût ou par conviction. Les compter à part change tout le calcul. Dans beaucoup de fêtes de famille, ce groupe représente une part importante de la tablée, et c’est lui qu’on oublie quand on raisonne en « bières par personne ».

Pour ces invités, prévoyez autre chose que des sodas tièdes : des bières sans alcool, une citronnade maison, un sirop de qualité, de l’eau gazeuse avec des agrumes. Quelqu’un qui ne boit pas d’alcool doit pouvoir trinquer avec un verre qui lui fait envie, pas avec ce qui reste.

Combien de temps dure la soirée, et à quelle heure mange-t-on ?

Un apéritif de deux heures avant un restaurant et une soirée qui commence à 19 heures pour finir après minuit ne demandent pas les mêmes volumes. La règle de calcul la plus utile n’est pas un nombre de verres par tête, mais une consommation par heure, modérée par le repas. On boit moins quand on mange vraiment : un buffet consistant servi tôt fait plus pour l’ambiance que deux caisses de plus.

Prenons un exemple, à adapter à votre propre public : vingt adultes susceptibles de boire de l’alcool, une soirée de cinq heures, un dîner servi vers 20 h 30. Si l’on table sur un verre la première heure, puis un verre toutes les deux heures environ, on arrive à trois ou quatre verres par personne sur la soirée, pas davantage. C’est déjà le seuil au-delà duquel les repères de consommation à moindre risque diffusés par Santé publique France (pas plus de deux verres par jour, et pas tous les jours) sont dépassés. Autrement dit, prévoir plus « pour être tranquille » revient souvent à inviter les gens à trop boire.

Faut-il raisonner en bouteilles, en litres ou en verres ?

C’est là que les courses déraillent. On achète en packs de 25 cl, en bouteilles de 33 cl, parfois en fût de 5 litres, alors qu’on sert en demis, en pintes ou dans des gobelets de 20 cl. Passer d’une unité à l’autre de tête, à la caisse, finit toujours par une erreur d’un tiers dans un sens ou dans l’autre.

Le plus simple consiste à convertir d’abord le nombre de verres prévus en litres, puis les litres en contenants. Pour ce travail fastidieux, les outils de Guinée 44 proposent un calcul de la quantité de bière pour une fête et un convertisseur entre pintes, demis et girafes, ce qui évite de refaire les divisions sur un coin de ticket. Le résultat reste une estimation : c’est vous qui connaissez vos invités, et il vaut mieux ajuster vers le bas que vers le haut.

Où stocker, comment garder au frais ?

Une question bassement logistique, mais qui conditionne le reste. Un réfrigérateur familial accueille rarement plus de deux ou trois packs une fois les plats du buffet installés. Les solutions habituelles :

  • une glacière ou une bassine remplie de glace et d’eau froide, plus efficace que la glace seule ;
  • un frigo d’appoint emprunté pour la soirée ;
  • des achats échelonnés, avec un second passage en début d’après-midi plutôt que tout la veille.

Pensez aussi à l’eau. Une carafe sur chaque table et des bouteilles bien visibles près du bar improvisé : quand l’eau fraîche est à portée de main, les invités alternent naturellement.

Comment chacun rentre-t-il chez lui ?

C’est la question que l’on pose trop tard, souvent au moment où les premiers invités cherchent leurs clés de voiture. Elle mérite d’être réglée dès l’invitation. En France, le taux d’alcool maximal autorisé au volant est de 0,5 gramme par litre de sang, et de 0,2 g/l pour les titulaires d’un permis probatoire. Un ou deux verres suffisent à approcher ces seuils selon le poids, le sexe, le repas et le délai écoulé.

Quelques réflexes simples : désigner un conducteur par voiture et lui réserver les meilleures boissons sans alcool, proposer un couchage aux plus éloignés, noter le numéro d’un taxi local quelque part dans la cuisine, et laisser un ou deux éthylotests chimiques sur une étagère de l’entrée. Ce n’est pas faire la morale, c’est s’assurer que la fête se termine bien pour tout le monde.

Que faire des restes ?

Si le calcul a été honnête, il en restera peu. Les bouteilles non ouvertes se conservent sans difficulté plusieurs mois au frais et à l’abri de la lumière, et une bière entamée finit très bien dans une carbonade ou une pâte à beignets. Le vrai indicateur d’une fête réussie, ce n’est pas un stock vide : c’est un lendemain où personne n’a eu besoin de s’excuser.

Dernier conseil, valable pour toutes les tailles de fête : faites vos calculs avec le nombre d’invités confirmés deux jours avant, pas avec la liste initiale. Les désistements de dernière minute représentent souvent plusieurs personnes, et c’est autant de packs que vous n’aurez pas à stocker.